La Société nationale d’électricité veut relancer le projet hydroélectrique d’Inkisi, avec une capacité annoncée de 250 MW dans un délai de 36 mois. Devant l’Assemblée nationale, le 8 mai 2026, son directeur général, Teddy Lwamba Muba, a défendu une réponse fondée sur la modernisation du réseau, la mobilisation de financements et l’ouverture à des partenaires privés.
La question électrique revient au Parlement avec une pression très concrète. Coupures répétées, branchements irréguliers, vétusté des équipements, pertes techniques, lenteurs dans les investissements. Devant les députés nationaux, Teddy Lwamba Muba n’a pas présenté la crise de la desserte comme un problème ponctuel, mais comme le résultat d’un réseau national usé et d’un secteur encore incapable de suivre la demande des ménages, des villes et des industries.
L’audition répondait à une question d’actualité déposée le 26 mars 2026 par le député Jethro Muyombi, sur l’impact de la desserte en électricité dans l’économie nationale et la vie sociale. Cinquante-trois jours plus tard, le dossier a été inscrit à l’ordre du jour de la plénière du 8 mai 2026, signe que la performance de la SNEL reste un sujet de contrôle parlementaire direct.
Dans sa réponse, le directeur général de la SNEL a mis l’accent sur un projet précis. Inkisi devrait produire jusqu’à 250 MW si les financements, les études et les travaux avancent selon le calendrier présenté. L’ouvrage est développé avec le ministère du Portefeuille et celui des Ressources hydrauliques et de l’Électricité. Selon les éléments communiqués, Teddy Lwamba affirme avoir mobilisé, en moins de six mois, des financements et l’intérêt de partenaires privés autour de cette relance.

Une promesse de 250 MW face à un déficit national persistant
L’intérêt d’Inkisi se mesure à l’ampleur du déficit électrique congolais. D’après la Banque mondiale, l’accès à l’électricité en RDC était de 22,1 % de la population en 2023, un niveau faible pour un pays dont l’économie repose de plus en plus sur les mines, les services urbains, les télécommunications et les petites industries.
Cette donnée explique pourquoi les députés ont ramené la SNEL devant la représentation nationale. L’électricité n’est plus seulement une question de confort domestique. Elle conditionne la production des entreprises, la conservation des produits, le fonctionnement des hôpitaux, la qualité des services publics et la capacité du pays à attirer des investissements industriels hors du secteur strictement minier.
La SNEL présente donc la relance d’Inkisi comme une réponse de moyen terme. Mais la production supplémentaire ne suffira pas si le transport et la distribution restent fragiles. Les pertes techniques, les raccordements non maîtrisés et les équipements vieillissants peuvent absorber une partie des gains attendus. Le vrai test ne sera donc pas seulement la construction d’une capacité de 250 MW, mais son intégration dans un réseau capable d’acheminer l’énergie vers les consommateurs.
Le débat ouvert à l’Assemblée nationale oblige aussi l’entreprise publique à clarifier sa gouvernance. Les financements privés peuvent accélérer certains projets, mais ils nécessitent des contrats lisibles, une tarification soutenable, une régulation stable et une capacité de suivi technique. Sans ces conditions, les annonces risquent de rester éloignées des besoins quotidiens des abonnés.
Pour la RDC, la sortie de la crise énergétique passera par des projets nouveaux, mais aussi par la remise en état du réseau existant. Inkisi peut devenir un signal positif si les 36 mois annoncés débouchent sur des mégawatts réellement injectés. À défaut, la pression parlementaire reviendra, portée par une même question simple pour les ménages comme pour les entreprises. Quand l’électricité cessera-t-elle d’être un frein à la vie économique du pays ?
— Joldie KAKESA
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