La Banque Centrale du Congo (BCC) a retiré 65,0 milliards CDF du système bancaire lors de l’adjudication des Bons BCC du 29 avril 2026. Après cette opération, l’encours global de ces titres monétaires atteint désormais 1 540,0 milliards CDF. La plus grande partie de ce volume reste concentrée sur les Bons à 84 jours, qui représentent à eux seuls 1 029,0 milliards CDF, soit près de 67 % du total. Les autres maturités restent plus limitées, avec 90,0 milliards CDF sur 7 jours, 193,0 milliards CDF sur 28 jours et 228,0 milliards CDF sur 168 jours.
À travers ces opérations, la Banque centrale cherche à réduire la quantité de francs congolais disponibles dans les banques commerciales. Cette politique monétaire vise surtout à éviter qu’un excès de liquidité ne pousse davantage d’acteurs économiques vers le marché des devises, ce qui pourrait accentuer la pression sur le taux de change et sur les prix des biens importés. Les Bons BCC ne servent donc pas à financer les dépenses publiques, mais à réguler la circulation de la monnaie dans l’économie.
Les banques privilégient les placements à moyen terme
Pour cette adjudication, la BCC avait proposé 550,0 milliards CDF répartis sur quatre échéances. Les banques commerciales ont soumis des offres pour 361,0 milliards CDF, et la Banque centrale a finalement retenu 358,0 milliards CDF. Elle a accepté la totalité des soumissions sur les maturités de 7 jours, 84 jours et 168 jours. Seule l’échéance de 28 jours a connu une légère réduction, avec 100,0 milliards CDF retenus contre 103,0 milliards CDF demandés.
Les rendements proposés montrent aussi une préférence des banques pour les placements plus longs. Le taux moyen pondéré s’est établi à 7,78 % pour les Bons à 7 jours, puis à 12,52 % pour ceux à 28 jours. Les maturités de 84 jours et 168 jours ont offert un rendement moyen de 13,50 %. Les taux marginaux ont atteint 13,5 % sur les échéances les plus longues, contre 10,0 % sur les Bons à 7 jours.
L’introduction récente du Bon BCC à 168 jours donne à la Banque centrale un outil supplémentaire pour immobiliser les liquidités pendant une période plus longue. Cette stratégie permet de ralentir le retour rapide des francs congolais dans le circuit bancaire, surtout dans une période où la stabilité du marché des changes reste surveillée de près.
Pour l’économie congolaise, l’enjeu reste délicat. Une liquidité bancaire abondante peut soutenir le crédit et les activités économiques, mais elle peut aussi alimenter la demande de dollars et fragiliser le franc congolais. À l’inverse, une absorption trop forte des liquidités peut réduire les capacités de financement des banques. La BCC tente ainsi de maintenir un équilibre entre stabilité monétaire et soutien à l’économie.
— Joldie KAKESA


