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RDC : Ecobank et British International Investment lancent un mécanisme de 30 millions USD pour financer les PME

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Ecobank RDC et British International Investment ont signé, le 12 mai 2026 à Kinshasa, un partenariat financier de 30 millions USD destiné aux petites et moyennes entreprises congolaises. À travers ce mécanisme de partage des risques, les deux institutions veulent renforcer l’accès au crédit dans un marché où plusieurs entreprises peinent encore à obtenir des financements bancaires.

Le dispositif permettra à Ecobank RDC d’augmenter sa capacité de prêts tout en partageant une partie des risques avec British International Investment, l’institution britannique spécialisée dans le financement du développement dans les marchés émergents. Les secteurs ciblés comprennent l’agriculture, l’agro-transformation, l’industrie, les infrastructures, les projets climatiques, les énergies renouvelables et l’entrepreneuriat local. L’objectif est d’aider les entreprises à financer leurs investissements, moderniser leurs activités ou développer de nouveaux projets dans des secteurs considérés comme porteurs pour l’économie congolaise.

Un mécanisme destiné à réduire les difficultés d’accès au crédit

En RDC, le financement des PME reste limité malgré leur poids dans l’économie et dans la création d’emplois. Plusieurs entreprises ont des difficultés à accéder aux crédits bancaires à cause des garanties demandées, du coût élevé des prêts et des risques perçus par les banques. Le partenariat entre Ecobank RDC et BII repose justement sur un système de partage des risques qui doit permettre à la banque panafricaine d’intervenir davantage sur ce segment du marché.

L’accord prévoit aussi une assistance technique destinée aux entreprises financées afin d’améliorer leur gestion et la qualité des projets présentés aux banques. Pour Joel Kabuya, directeur général a.i. d’Ecobank RDC, ce partenariat représente une nouvelle étape dans le renforcement du financement du secteur privé congolais. Chris Chijiutomi, directeur général Afrique de BII, rappelle de son côté que les PME restent un moteur important de l’économie et de l’emploi en RDC, malgré un environnement financier encore difficile.

Au-delà du financement, cet accord envoie aussi un signal aux investisseurs internationaux intéressés par le marché congolais. British International Investment indique disposer d’investissements dans plus de 1 600 entreprises réparties dans 66 pays, avec des actifs nets estimés à environ 9,87 milliards GBP. L’institution prévoit également d’orienter au moins 40 % de ses nouveaux engagements entre 2026 et 2031 vers des projets liés au climat.

Pour l’économie congolaise, ce type de partenariat pourrait progressivement renforcer l’offre de financement privé dans des secteurs où les besoins restent importants, notamment l’agro-industrie, l’énergie et la transformation locale. Mais plusieurs obstacles continuent de freiner le développement du crédit en RDC, parmi lesquels la faible bancarisation, le coût élevé du financement, le manque de garanties et la forte présence de l’économie informelle.

— Peter MOYI

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