Le gouvernement congolais prévoit de mobiliser 1 997 milliards CDF de recettes publiques au cours du mois de mai 2026, selon le Plan de trésorerie de l’État. Cette période correspond notamment à l’échéance du premier acompte provisionnel de l’Impôt sur les bénéfices et profits (IBP), l’un des principaux rendez-vous fiscaux pour les entreprises opérant en République démocratique du Congo. Dans le même temps, les dépenses programmées pour le mois atteignent 2 474,7 milliards CDF, ce qui montre que les besoins de financement de l’État restent élevés. Sur cette enveloppe, près de 980 milliards CDF doivent être consacrés au paiement des salaires des agents et fonctionnaires publics.
Les données provisoires publiées par la Banque Centrale du Congo montrent que les recettes encaissées en début de mois restent encore limitées par rapport aux objectifs fixés. Au 7 mai 2026, les régies financières avaient mobilisé 262,3 milliards CDF, soit environ 13,1 % des recettes attendues pour l’ensemble du mois. À la même période, les dépenses exécutées atteignaient déjà 822,6 milliards CDF. Ces fonds ont principalement servi au fonctionnement des institutions et ministères, au paiement des salaires du mois d’avril ainsi qu’au lancement de la paie du mois de mai. Cette situation illustre les tensions de trésorerie auxquelles l’État congolais fait régulièrement face en début de cycle budgétaire, avec un poids important des charges salariales dans les finances publiques.
Une mobilisation fiscale supérieure aux prévisions depuis janvier
Malgré cette pression sur les dépenses, les résultats enregistrés depuis le début de l’année restent au-dessus des prévisions officielles. Entre janvier et avril 2026, les régies financières ont mobilisé 10 430,2 milliards CDF contre des prévisions établies à 10 192,9 milliards CDF. Le taux de réalisation atteint ainsi 102,3 %, porté principalement par les performances de la Direction générale des impôts (DGI), de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) ainsi que de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).
Pour les autorités économiques, ces résultats traduisent une amélioration progressive de la mobilisation des recettes internes. Mais les dépenses publiques continuent aussi de progresser sous l’effet des besoins sécuritaires, des charges sociales et des investissements publics. Le principal défi reste donc la capacité du gouvernement à maintenir un équilibre budgétaire stable tout en limitant le recours au financement monétaire, souvent considéré comme une source de pression sur l’inflation et le marché des changes.
Dans cette stratégie, les autorités misent davantage sur les émissions de Bons et Obligations du Trésor afin de financer une partie des besoins de l’État sur le marché intérieur. Les performances fiscales des prochains mois seront particulièrement surveillées, alors que le gouvernement prépare également une loi de finances rectificative destinée à ajuster les équilibres budgétaires de l’exercice 2026.
— M. MASAMUNA


