Après la polémique sur la traçabilité des fonds de la riposte à Ebola, la société civile passe à l'action. L'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) a saisi l'Inspection générale des finances (IGF) pour exiger une enquête crédible sur l'utilisation des fonds alloués à la lutte contre l'épidémie. Dans son communiqué daté du 17 octobre, elle demande en particulier un audit des 50 millions de dollars mis à la disposition du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.

Après la polémique sur la traçabilité des fonds de la riposte à Ebola, la société civile passe à l’action. L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a saisi l’Inspection générale des finances (IGF) pour exiger une enquête crédible sur l’utilisation des fonds alloués à la lutte contre l’épidémie. Dans son communiqué daté du 17 octobre, elle demande en particulier un audit des 50 millions de dollars mis à la disposition du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale.
L’ACAJ dit s’appuyer sur plusieurs informations concordantes qui font état d’une utilisation opaque de deux enveloppes. La première, de 700 millions de dollars, a été octroyée par les bailleurs de fonds aux partenaires de mise en œuvre. La seconde, de 50 millions de dollars, a été versée au ministère de la Santé par le gouvernement congolais.
Au nom de l’obligation de redevabilité, l’association veut éviter toute confusion entre la contribution de l’État et celle des bailleurs, gérée directement par les partenaires. Elle demande donc à l’IGF de diligenter un audit sur l’affectation des 50 millions de dollars et de transmettre ses conclusions à l’autorité judiciaire compétente.
Cette saisine intervient cinq jours après le point de presse du Dr Jean Kaseya, Directeur général d’Africa CDC, tenu le 14 octobre à Kinshasa et consacré au financement de la riposte.
Ce jour-là, il avait précisé que les donateurs avaient versé 962 millions de dollars, non pas au gouvernement, mais aux partenaires chargés de la mise en œuvre. « Où se trouvent les 700 millions de dollars restants ? C’est la véritable question que nous devons nous poser », avait-il lancé.
Par ailleurs, il avait aussi salué l’effort de l’État, qui avait annoncé 20 millions de dollars avant de passer à 50 millions. « C’est la première fois que je vois un gouvernement mobiliser des fonds de cette manière », avait-il déclaré.
Dans un communiqué publié le 15 octobre, Africa CDC a précisé que seules 30 % des organisations concernées avaient partagé leurs informations financières. Elles ont déclaré avoir reçu environ 220 millions de dollars, dont 120 millions déjà utilisés. Plus de 700 millions de dollars restent donc inconnus des autorités congolaises, un « déficit majeur de transparence » selon l’institution, qui ne parle pas de fonds disparus.
Africa CDC a enfin dit soutenir d’éventuelles mesures du gouvernement, jusqu’au retrait de l’accréditation, contre les organisations qui refuseraient de rendre des comptes. « Mon objectif, en tant que directeur général, est de suivre chaque dollar », avait affirmé Jean Kaseya.
Eldad B.





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