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Carburant, la RDC veut acheter chez Dangote avec une ligne UBA de 100 millions de dollars

Le Conseil des ministres du 9 octobre a adopté un schéma d’achats directs de produits pétroliers à la raffinerie nigériane Dangote, avec la SOCIR comme contrepartie. UBA a confirmé son intérêt pour une ligne rotative pouvant atteindre 100 millions de dollars, dont les conditions restent en négociation.

Dangote Industries

Le Conseil des ministres du 9 octobre a adopté un schéma d’achats directs de produits pétroliers à la raffinerie nigériane Dangote, avec la SOCIR comme contrepartie. UBA a confirmé son intérêt pour une ligne rotative pouvant atteindre 100 millions de dollars, dont les conditions restent en négociation.

Le Conseil des ministres du 9 octobre a adopté le dossier présenté par le vice-Premier ministre et ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, sur un dispositif d’approvisionnement direct auprès de la raffinerie Dangote, à Lekki, au Nigeria. Selon Bankable, il comprend l’autorisation préalable de signer un arrêté interministériel.

La Société congolaise des industries de raffinage (SOCIR), société d’économie mixte dont l’État détient la moitié du capital, serait l’interface opérationnelle entre la RDC, Dangote et les autres acteurs. Sa capacité de stockage est estimée à 185 millions de litres. Dangote l’aurait désignée pour ce rôle, d’après le compte rendu cité par Bankable. Héritière de l’ancienne raffinerie de Muanda, à l’arrêt depuis plusieurs années, elle s’est reconvertie dans le stockage et l’importation, selon Africtelegraph.

Côté financement, United Bank for Africa (UBA) a confirmé son intérêt pour une ligne de financement commercial rotative pouvant atteindre 100 millions de dollars. Ses conditions financières restent en négociation, et l’entrée en vigueur du dispositif en dépend. Trois étapes restent à franchir. L’arrêté interministériel doit mandater formellement la SOCIR, le gouvernement doit valider les paramètres commerciaux, dont les prix et les volumes, et les négociations avec UBA doivent aboutir. Aucun décaissement n’est annoncé.

Selon Africtelegraph, qui cite l’essence, le gasoil et le jet A1, les importations passent aujourd’hui par un petit nombre de négociants basés à Genève, Dubaï ou Londres, qui préfinancent les cargaisons et fixent leurs marges. Le schéma vise à les court-circuiter, d’après ce média.

Le pays dépend de l’étranger pour la quasi-totalité de ses produits pétroliers. D’après le rapport annuel 2023 de la Banque centrale du Congo, repris par Bankable, la RDC a consommé 2 804 698 mètres cubes de produits pétroliers cette année-là, soit environ 17,6 millions de barils ou un peu plus de 48 000 barils par jour. Cela représente environ 7 % de la capacité nominale de Dangote, estimée à 650 000 barils par jour, selon un calcul de Lepoint.cd. Une grande partie de la production de la raffinerie va au marché nigérian, ce qui limite ses exports, et l’Afrique du Sud et le Kenya ont engagé des démarches similaires, d’après Bankable.

Le dossier remonte à avril. Daniel Mukoko Samba s’était rendu à Abuja pour y rencontrer l’industriel Aliko Dangote et avait discuté du financement des importations avec Tony Elumelu, président du groupe UBA, et son directeur général, Oliver Alawuba.

Le Conseil des ministres s’est tenu alors que des files de véhicules se forment devant les stations de Kinshasa. La Première ministre Judith Suminwa attribue ces files à un ralentissement temporaire de l’approvisionnement des stations et non à une pénurie générale. L’essence est vendue 2 640 CDF le litre à Kinshasa depuis avril.