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Cartographie du sous-sol, 358,8 millions USD pour viser 38,6 % du territoire en 2029

Le programme PC2G-RDC coûte 358,8 millions USD, soit 1,6 % du budget 2026 révisé, pour viser une couverture de 38,6 % du territoire d'ici 2029. Rapporté aux 93,2 milliards USD exportés entre 2023 et 2025, le montant est modeste. Le rythme et les 61,4 % laissés sans couverture posent davantage question.

Cartographie du sous-sol, 358,8 millions USD pour viser 38,6 % du territoire en 2029 – PC2G-RDC budget
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Le programme PC2G-RDC coûte 358,8 millions USD, soit 1,6 % du budget 2026 révisé, pour viser une couverture de 38,6 % du territoire d’ici 2029. Rapporté aux 93,2 milliards USD exportés entre 2023 et 2025, le montant est modeste. Le rythme et les 61,4 % laissés sans couverture posent davantage question.

Le programme de cartographie géophysique PC2G-RDC, lancé le 5 octobre à Kinshasa, doit lever 697 000 km² en 36 mois. Avec les 209 000 km² déjà couverts, soit 8,9 % de la superficie du pays, 38,6 % du territoire serait levé en 2029. Les 61,4 % restants n’auraient toujours pas de couverture moderne. Le contraste est net avec un pays qui a exporté environ 93,2 milliards USD entre 2023 et 2025, selon la Banque centrale du Congo.

Une enveloppe modeste au regard des flux

Le programme complet, volets A et B, représente 358,8 millions USD selon les contrats publiés par le ministère des Mines et relayés par Bankable. Le volet B, signé le 29 janvier 2026, en pèse 297,9 millions. Le financement est assuré par l’État, via le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN).

Le projet de loi de finances rectificative 2026 chiffre le budget de l’État à 50 295,1 milliards de CDF, soit environ 21,9 milliards USD. Le programme en représente 1,6 %. Réparti à parts égales sur ses 36 mois, il coûte environ 120 millions USD par an, soit 0,55 % du budget de l’année.

Les exportations donnent la même échelle. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso, a cité à Kolwezi, le 9 octobre, environ 93,2 milliards USD d’exportations sur 2023 à 2025, minières comprises. Il a aussi évoqué environ 54,4 milliards USD de déclarations de rapatriement liées au Code minier. Le programme équivaut à 0,39 % des premières et 0,66 % des secondes.

À cette échelle, l’enveloppe ne semble pas être ce qui limite la taille du programme. Le volet B revient à environ 427 USD par km² à couvrir, un coût qui inclut le laboratoire, le système d’information géologique et la formation des équipes nationales. Les flux annuels du secteur minier dépassent de plusieurs dizaines de fois ce montant, pour un territoire dont moins de 9 % est aujourd’hui levé.

Un rythme qui laisse l’essentiel de côté

Lever 697 000 km² en trois ans représente environ 232 000 km² par an. À ce rythme, les 1 439 410 km² restants demanderaient un peu plus de six ans de plus, soit une couverture complète vers 2035. Au coût unitaire du volet B, ils coûteraient environ 615 millions USD, soit 2,8 % du budget 2026 révisé. Ces chiffres sont des calculs de Lepoint.cd à coût et rythme constants et ne figurent dans aucun plan du gouvernement.

Les 29,7 % de 2029 restent par ailleurs un objectif. À ce jour, le contrat est signé et le programme lancé, avec huit aéronefs mobilisés au-dessus du Kongo Central, du Kwango, du Kwilu, du Grand Kasaï et du Grand Katanga. Le gouvernement annonce une couverture géoscientifique qui passe de 22,27 % à 46,1 %, soit 23,8 points, contre 29,7 points pour les surfaces à lever. L’écart peut tenir au fait que le volet B densifie des zones déjà repérées par le volet A, selon Bankable, ce qui fait recouper une partie des surfaces.

La valeur du programme dépendra aussi de l’usage des données. L’État en conservera la propriété. Les informations de base seront gratuites et les plus sensibles seront commercialisées. La banque nationale de données géologiques doit être opérationnelle d’ici fin 2026.

P. MOYI