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RDC : 20 millions USD annoncés pour soutenir les provinces via la Caisse de péréquation

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Le Gouvernement congolais prévoit une enveloppe de 20 millions USD pour financer la Caisse nationale de péréquation. L’annonce a été faite le 14 mai 2026 au Sénat par le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, lors d’une audition consacrée à l’évolution des finances publiques et aux relations financières entre l’État central et les provinces. Cette décision intervient alors que plusieurs provinces continuent de dénoncer l’irrégularité des rétrocessions liées aux 40 % des recettes nationales qui leur sont destinées dans le cadre de la décentralisation financière prévue par la Constitution.

À travers cette enveloppe, le Gouvernement veut rendre plus opérationnelle la Caisse nationale de péréquation, un mécanisme censé réduire les écarts de développement entre les provinces. Cette structure doit notamment financer des investissements publics dans les provinces les moins dotées en infrastructures et en services essentiels. Depuis plusieurs années, des élus provinciaux et des autorités locales réclament la mise en œuvre effective de cette caisse afin de soutenir les besoins en routes, en eau potable, en électricité, en écoles ou encore en centres de santé. Dans plusieurs provinces, les difficultés de financement limitent aussi les capacités d’investissement local et le fonctionnement des administrations provinciales.

Les 40 % des recettes restent un sujet sensible

Devant les sénateurs, le ministre des Finances a également défendu la position du Gouvernement sur la question des 40 % des recettes nationales revenant aux provinces. Ce dossier reste l’un des principaux points de tension dans la gestion des finances publiques en RDC. Plusieurs exécutifs provinciaux estiment que les montants transférés par le pouvoir central restent en dessous des prévisions légales, malgré l’amélioration progressive de la mobilisation des recettes publiques au niveau national.

Les échanges au Sénat ont aussi porté sur la gestion des biens zaïrianisés et sur les mécanismes de redistribution des ressources publiques. Pour plusieurs spécialistes des finances publiques, l’annonce des 20 millions USD traduit une volonté de replacer l’équilibre territorial au centre des priorités budgétaires. Mais ils rappellent que l’efficacité de la Caisse nationale de péréquation dépendra surtout de la transparence dans l’allocation des fonds, du suivi des projets financés et de la capacité des autorités à mesurer l’impact réel des investissements dans les provinces.

Dans un pays marqué par de fortes disparités territoriales, les besoins restent élevés dans les infrastructures de base et les services publics. Une mauvaise utilisation des ressources risquerait de transformer la péréquation en simple dépense administrative supplémentaire. À l’inverse, une gestion mieux structurée pourrait permettre de financer des projets capables de réduire progressivement les écarts entre provinces riches en recettes et territoires moins développés.

— Joldie KAKESA

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