Après le plus gros braquage de l'histoire des cryptomonnaies, Binance rouvre progressivement les retraits. Les enquêteurs américains désignent des hackers liés à Pyongyang, mais Donald Trump doute de cette piste.

Après le plus gros braquage de l’histoire des cryptomonnaies, Binance rouvre progressivement les retraits. Les enquêteurs américains désignent des hackers liés à Pyongyang, mais Donald Trump doute de cette piste.
Le plus grand braquage jamais commis dans l’univers des cryptomonnaies laisse Binance sous tension. Trois jours après une cyberattaque qui a siphonné 6,3 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros), la première plateforme d’échange au monde a annoncé, dimanche 1er novembre, la reprise progressive des retraits.
« Une première série est ouverte sur le réseau bitcoin », a-t-elle fait savoir sur X, tout en prévenant que le trafic pourrait allonger les délais de traitement.
Les retraits avaient été gelés après l’attaque du jeudi 29 octobre, pour stopper l’hémorragie. Binance veut rassurer.
« Les fonds des utilisateurs sont en sécurité », promet-elle, affirmant qu’elle assumera seule l’impact financier.
Par ailleurs, l’entreprise dit avoir racheté des actifs équivalents à ceux volés et en avoir reconstitué 90 % dès samedi. Les 10 % restants, des actifs moins liquides, sont encore en cours de collecte. En parallèle, elle remonte la piste des fonds dérobés avec d’autres acteurs de l’écosystème.
Côté enquête, le FBI désigne un suspect : TraderTraitor, un groupe de pirates nord-coréens.
Selon l’agence fédérale, les voleurs convertissent actuellement le butin en Ether, la cryptomonnaie du réseau Ethereum, avant de le blanchir via des services de finance décentralisée (DeFi) et des échanges instantanés, qui permettent de passer d’une cryptomonnaie à une autre sans banque ni intermédiaire.
Le FBI a publié une liste d’environ 500 adresses Ethereum utilisées pour ce blanchiment et exhorte plateformes, services DeFi et sociétés d’analyse blockchain à bloquer les transactions concernées.
L’ampleur du coup est sans précédent. Le montant est quatre fois supérieur à celui du piratage de ByBit en février 2025 (1,5 milliard de dollars), déjà attribué à TraderTraitor et alors considéré comme le record. Le groupe est rattaché à Lazarus, lui-même affilié aux services de renseignement nord-coréens, déjà accusé en 2014 d’avoir piraté Sony Pictures.
Selon un rapport de l’armée américaine datant de 2020, l’unité de cyberguerre de Pyongyang, le « Bureau 121 », compterait 6 000 agents, certains opérant depuis la Chine, la Russie, l’Inde, la Malaisie ou le Bélarus. Un moyen, pour un pays sous lourdes sanctions en raison de ses programmes nucléaire et balistique, de se procurer des revenus illicites.
Mais la piste nord-coréenne ne fait pas l’unanimité à Washington. Interrogé samedi soir depuis sa résidence en Floride, Donald Trump, qui vante régulièrement sa relation avec Kim Jong-un, a pris ses distances.
« Nous ne savons pas si c’est la Corée du Nord. », a-t-il déclaré.
Eldad B.





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