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Kolwezi : 27 riverains dont 8 enfants poursuivent COMMUS pour pollution toxique

Vingt-sept riverains, dont huit enfants, attaquent en justice la COMMUS, filiale de Zijin Mining, ainsi que l'État congolais. L'affaire teste l'article 285 bis du Code minier. Le Tribunal de commerce de Kolwezi a tenu mardi la première audience publique d'un procès inédit en RDC : celui de riverains contre la Compagnie Minière de Musonoie Global (COMMUS), une mine de cuivre et de cobalt contrôlée par le groupe chinois Zijin Mining.

Kolwezi : 27 riverains dont 8 enfants poursuivent COMMUS pour pollution toxique
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Vingt-sept riverains, dont huit enfants, attaquent en justice la COMMUS, filiale de Zijin Mining, ainsi que l’État congolais. L’affaire teste l’article 285 bis du Code minier. Le Tribunal de commerce de Kolwezi a tenu mardi la première audience publique d’un procès inédit en RDC : celui de riverains contre la Compagnie Minière de Musonoie Global (COMMUS), une mine de cuivre et de cobalt contrôlée par le groupe chinois Zijin Mining.

Selon l’organisation Afrewatch, qui a diffusé l’information dans un communiqué, il s’agit de l’une des actions en justice les plus ambitieuses engagées à ce jour dans le pays contre une pollution liée à l’exploitation minière industrielle.

Les 27 demandeurs, dont huit enfants, accusent l’entreprise de polluer l’air, l’eau et le sol, et d’en payer les conséquences dans leur santé et leur quotidien. Ils visent aussi l’État congolais et l’Agence congolaise de l’environnement (ACE), à qui ils reprochent de n’avoir ni surveillé correctement la mine ni fait appliquer les lois environnementales.

L’enjeu dépasse le seul cas de Kolwezi. Le dossier doit éprouver l’article 285 bis du Code minier révisé : pour s’exonérer, l’entreprise doit prouver que les dommages subis par les communautés ne viennent pas de ses activités. Si les plaignants obtiennent gain de cause, d’autres communautés vivant près de mines industrielles pourraient engager la même démarche.

Marie (prénom d’emprunt), mère de huit enfants et requérante, raconte la dégradation de son cadre de vie : « Nous pêchions, des légumes poussaient naturellement le long du ruisseau et nous utilisions son eau pour cuisiner et nous laver. »

Selon elle, COMMUS a pollué puis détourné ce cours d’eau. Il n’y a plus de poissons et l’eau, devenue acide, provoque des problèmes de peau. Dehors, l’air irrite le visage.

« Nous avons demandé aux autorités de venir constater ce qui se passe, mais nous n’avons jamais reçu d’aide », dit-elle.

À Kolwezi, la mine marque le quotidien des habitants. Montagnes de déchets miniers, stocks de minerai et installations de traitement jouxtent les habitations, avec très peu de séparation entre l’activité industrielle lourde et les lieux où les enfants jouent et étudient. En décembre 2023, la rupture du bassin de rétention des résidus de COMMUS avait déjà inondé un site d’exploitation artisanale voisin et endommagé des maisons, des routes et une école.

Eldad B.