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Gouvernance minière

Mines du Katanga, Justicia estime à 5 000 les militaires restés malgré l’ordre présidentiel

L'ONG Justicia estime à environ 5 000 les militaires présents sur les sites miniers du Lualaba et du Haut-Katanga, près de quatre mois après l'ordre du président Félix Tshisekedi de les retirer. Ces provinces comptent parmi les principales zones de production de cuivre et de cobalt du pays.

Mines du Katanga, Justicia estime à 5 000 les militaires restés malgré l'ordre présidentiel – militaires sites miniers…
Des creuseurs clandestins dans une mine de cuivre de la Chemaf à Lubumbashi (Décembre 2012)

L’ONG Justicia estime à environ 5 000 les militaires présents sur les sites miniers du Lualaba et du Haut-Katanga, près de quatre mois après l’ordre du président Félix Tshisekedi de les retirer. Ces provinces comptent parmi les principales zones de production de cuivre et de cobalt du pays.

Justicia ASBL a publié son enquête le 29 octobre 2026. Son président, Timothée Mbuya, déclare qu’« il se trouve à peu près 5 000 militaires sur les sites miniers ». Il s’agit d’une estimation de l’organisation, fondée sur ses propres observations.

La Garde républicaine formerait le contingent le plus nombreux, devant des éléments de la 22e région militaire, de l’auditorat militaire et de la police. Dans le Lualaba, Justicia affirme que des hommes armés occupent sept carrières de la concession de Boss Mining, à Kakanda Nord, Mupampala, Kiona 2, Mokondo, Kiwana, Kimpese et Menda. Dans la concession de la Comide, environ 80 % serait tenue par des militaires, surtout à Kisankala et à Kamasani, toujours selon l’ONG.

Le président avait ordonné le 10 juillet 2026, lors du 94e Conseil des ministres, la fin immédiate de toute présence militaire et policière jugée illégale sur les sites miniers. Il citait l’intimidation, le harcèlement, l’extorsion et l’impossibilité pour les titulaires légitimes d’exercer leurs droits. Quatre responsables étaient chargés de l’exécution, le vice-Premier ministre de l’Intérieur, celui de la Défense, le chef d’état-major des FARDC et le commissaire général de la Police nationale. L’ordre visait les déploiements hors missions légales.

Le 18 juillet, le général Eddy Kapend, commandant de la 22e région militaire, a ordonné le retrait des soldats du site de Kisankala, dans le territoire de Lubudi. Le 18 août, Lepoint.cd rapportait que des uniformés restaient signalés sur plusieurs sites du Lualaba.

Le 26 octobre, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, était à Musompo, dans le Lualaba. Une commission interservices, qui réunit des magistrats militaires et des représentants du ministère des Mines, y coordonne le retrait des personnels en uniforme. Le ministre a aussi inspecté le centre d’évaluation, d’expertise et de certification, dont les équipements fonctionnent de nouveau, pour une capacité nominale de 250 camions par jour.

Justicia redoute que l’implication de militaires dans l’extraction expose le cuivre et le cobalt congolais à l’étiquette de minerais du sang. L’ONG demande aux autorités d’appliquer l’ordre du chef de l’État.

SIGNATURE
M. KOSI